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Michaël Latz
Michaël Latz, maire de Correns, dans le Var, a fait de l’environnement, de l’économie et du développement durable son credo. Ce qui vaut à sa commune d’être le premier village bio de France
Une naissance au Burundi, dix années passées en Afrique et une passion pour l’environnement. C’est le hasard qui a conduit Michaël Latz à Correns (Var, 800 habitants). Une fois l’indépendance du Congo déclarée, ses parents débarquent dans le Var, en 1960. C’est là qu’il mènera toute sa scolarité, jusqu’au baccalauréat qu’il obtiendra avant de mener des études d’ingénieur agronome à la Faculté des sciences agronomiques de Gembloux, en Belgique.
Le voici à Bruxelles où il va fourbir ses armes au sein de la Communauté européenne, en qualité d’expert. Le mal du pays aidant, il retourne en Provence qu’il ne quittera plus pour y exercer une carrière de vigneron bio, à la tête de plusieurs firmes agricoles. « J’ai été le patron de la plus grosse société de produits phytosanitaires de la région, confie-t-il. J’ai ensuite créé une entreprise de distribution d’emballages agricoles, avec un chiffre d’affaire de l’ordre de 20 millions d’euros, ainsi qu’une autre, près d’Orange, spécialisée dans le marketing viticole ».
L’agriculture de demain
Parallèlement, il reprend le domaine viticole familial, en produisant près de 80 000 bouteilles de vin par an. La politique le passionne. D’abord conseiller municipal, il se fait élire maire de Correns, en 1995. Pilote l’Union des élus socialistes et républicains du Var, et devient le président d’un syndicat qui regroupe quatre communautés de communes, en s’appuyant sur SCOT de la Provence Verte, sa fierté. « Je délègue énormément, concède Michaël Latz. Mon ambition est de mener à bien ce schéma de cohérence territoriale dans un pays où la croissance démographique est spectaculaire et où les enjeux d’aménagement ont pris une très grande importance en prévision des prochaines années ».
Le bio est son credo. Au point que le village et la coopérative ont adopté ce postulat. Viticulteurs, céréaliers, maraîchers, apiculteurs, éleveur de chèvre… Tout le monde s’y est collé ! « On ne trouve plus le moindre mètre carré de terre agricole en jachère, se félicite-t-il. La moyenne d’âge des exploitants s’élève à 35-40 ans et la dynamique est impressionnante ».
Pas question de s’arrêter en si bon chemin. Réélu en 2001, il met le paquet sur l’éco-construction. De la rénovation de la mairie au conseil aux particuliers, en passant par la mise sur pied d’un centre intergénérationnel, c’est à un véritable lifting que le conseil municipal se livre. « Ces installations sont chauffées à l’aide de plaquettes de bois, précise l’intéressé. Quant à la coopérative, elle est entièrement alimentée par des panneaux solaires. La cantine produit 85 % de produits bios, avec, en prime, la distribution d’un ou deux repas végétariens par mois, la dégustation de plats cuisinés sur l’ensemble de la planète et la présence dans l’enceinte de l’école d’un jardin potager ».
Dernière initiative en date, l’adoption, par un groupe indépendant, d’un Agenda 21 qui a entrepris un travail autour des questions environnementales, en formulant des recommandations à la mairie. Quelques élus sont associés à cet ambitieux projet. « La solidarité est la clé de voûte de notre démarche, résume Michaël Latz. Mais, au-delà, j’ai pris le parti de montrer qu’économiquement, le développement durable est possible et qu’il incarne l’agriculture de demain. Loin des clichés qui se résument trop souvent à une vue caricaturale de la réalité ».
Bruno Tranchant